Le délai court prévu pour le rapport de la commission du Livre Blanc donne à penser soit que de nombreux points demeureront dans le vague soit que la rédaction finale se prépare aussi ailleurs. Par exemple à la commission sur la politique sécuritaire. créée aussi par l’Elysée. En attendant des engagements concrets servent de prodromes.
Avec ou sans retour dans l’OTAN, dans les six mois qui viennent, la France est invitée comme d’autres à entrer à fond, sinon dans la guerre d’Iraq, du moins dans la guerre d’Afghanistan. Le but de guerre de l’intervention ONU OTAN en Afghanistan ne fait pas l’unanimité. Il fut tiré par les Allemands et les Français dans le sens d’une mission onusienne de rétablissement de la paix s’interdisant un esprit de conquête par la répression. Le mixage des mission « guerrières » et policières y deviendra nécessaire si la guerre gagne le Pakistan des zones tribales et si la présence des Marines s’y renforce.
Comme l’exprime ouvertement en octobre un général des Marines [1], cette Arme désire quitter l’Iraq et regrouper toutes ses unités sur le terrain des Talibans pour montrer ce qu’elle sait faire en tant que système interarmes intégré qui échappe à la vision stratosphérique de l’Air Force. Mais, l’art du terrain chez les Marines ne fait pas dans la dentelle ; des rapports paraissent constamment dans la presse américaine sur leurs exactions depuis Falloudja.
En fait le non-sens politique des missions militaires américaines pourrait entraîner les alliés dans le bilan catastrophe d’une « guerre coloniale gonflante sous prétexte de démocratisation du Grand Moyen Orient. Une enquête menée auprès des statistiques locales d’état civil par la chaîne de télévision CBS, établit en chiffres réels une statistique de suicides de soldats américains de retour d’expédition, extraordinairement élevée (6253 suicides en 2005 soit en moyenne 17 par jour [2].)
La fragilité psychologiques des militaires normaux est provoquée par des missions qui comportent la torture des prisonniers et les massacres de civils. Comme les désertions également croissantes, ces suicides sont la contrepartie psychologique du brouillage de sens des missions terrestres qui finissent par imiter, des missions aériennes de destruction, mais en plus détaillé - donc en plus policier, car en s’interdisant une définition politique de l’ennemi considéré comme criminel, on ne vise plus la paix comme négociation.
Le Livre blanc devrait bien marquer, dans ses principes, que ni la France , ni les Européens en tant que nations démocratiques, n’ont intérêt à rechercher une participation à la défaite morale et militaire que subit en Iraq l’Administration Républicaine, ni à la forme terroriste de sa victoire, si c’est le nom qu’on voudra lui donner à la fin.
DS
Sommaire du Débat stratégique N° 94 Novembre 2007
Le Débat stratégique N° 94 Novembre 2007
Livre blanc et opérations en cours
Alain Joxe : Deux diables pour refaire de l’OTAN une alliance de guerre tout terrain
Thierry Allemand : La refonte de l’armee israélienne entre « populisme blindé », « techno-stratégie étrangère » et « coups de forces commandos »
Emmanuel Dupuy, Président de l’Institut Prospective et Sécurité de l’Europe (IPSE ) : Le nouveau « grand jeu » en Mer noire
Jean-Paul Hébert : Où vont les firmes françaises d’armement ?
Louis-Marie Clouet : Rostekhnologii, vecteur dual de puissance, instrument de l’ambition de Tchemezov
Note de lecture
Les échos du Débat
publié le 2007-12-13 07:33:23