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Le débat français vu d’Allemagne

Par Hans Stark

mars 2005

Les perceptions face au débat suscité par la ratification restent éloignées en France et en Allemagne. En 1990, la RFA avait proposé un Traité Constitutionnel aux français, qui avaient fini par accepter pour relancer une machine franco-allemande grippée... Mais en RFA, la « démocratie constitutionnelle » fait d’un tel texte un élément de stabilité politique, alors que les Français conçoivent des changements de constitution assez facilement... Un Non français peut être interprêté comme un non à l’élargissement, à la Turquie, à une Europe insuffisamment sociale... et à la limite aux propositions allemandes. Et comment comprendre qu’un pays qui a un gouvernement de droite, qui a porté deux candidats de droite en tête de ses élections présidentielles, et dont le gouvernement de gauche sortant à voté la plupart des directives libérales veuille soudain une Europe sociale ?

Schröder pourrait comprendre le poids de la politique interne : il doit lutter lui-même face à une dérive libérale qui provoque de multiples difficultés électorales. Surtout, il n’a pas de partenaire de rechange : il n’y a pas d’axe Berlin- Londres de substitution, et la cassure euro-atlantique reste profonde.

Pour autant, il est hasardeux de parler d’un noyau dur franco allemand de rechange, à la suite d’une « crise salvatrice ». Le gouvernement Schröder, très affaibli risque de ne plus durer très longtemps à un nouvel échec électoral donnant au Bundesrat une majorité puissante à droite, poussant probablement vers une coalition de centre droit.

Ensuite il n’y a pas de contre propositions institutionnelles françaises en matière d’Europe, et encore moins de consensus politique ni à l’intérieur des partis, ni entre partis.

Enfin, les coopérations renforcées supposent l’aval tacite des autres pays, peu envisageable à court terme. La légitimité franco-allemande s’est beaucoup affaiblie au sein de l’Union.

Au total, la politique française est regardée de façon très dubitative en Allemagne, et plus encore de façon critique dans les pays à qui on a demandé de se taire en 2003.

Hans Stark CERFA-IFRI


 


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