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Palestine : L’impasse stratégique
Palestine : L’impasse stratégique
27 octobre 2005
Le voyage en France et aux États-Unis de M. Mahmoud Abbas, président de l’Autorité Palestinienne, visait à récolter quelques promesses des États-Unis et de l’Europe mais il se termine dans un brouillard épais.
Le président Bush ne s’engage à aucune pression devant accélérer le virage de la politique israélienne dans la direction d’une paix viable. La guerre israélo-palestinienne malgré le cessez-le feu relatif se poursuit donc avec maintien d’un régime d’occupation coercitif en Cisjordanie.
Le changement espéré après l’évacuation de Gaza n’a pas lieu. Le refus d’envisager le retrait des colonies de Cisjordanie et le report sine die de toute négociation est un défi lancé au calendrier de la feuille de route. On peut envisager plusieurs stratégies pour amener Israël à rechercher la Paix plutôt que l’apartheid. Mais les partisans d’une négociation doivent d’abord renoncer à chercher avant tout l’appui américain.
Une hypothèse, optimiste, serait que l’Europe prenne franchement le relais des États-Unis par une interposition pour mettre fin au régime d’occupation, entreprendre la reconstruction et améliorer la vie quotidienne. Tous ces projets devraient au moins être poussés au conseil de sécurité de l’ONU jusqu’au test du véto américain peut-être évitable.
Une autre hypothèse est que, cessant de s’adresser à Washington les Palestiniens désormais s’activent à tous les niveaux pour s’emparer d’un espace de débat politique et social direct avec la société civile israélienne, lassée de cette guerre « victorieuse » sans fin. Que l’autorité palestinienne solennellement ou quotidiennement démontre qu’Israël est lui même enfermé dans un système sans issue et devrait pour en sortir faire un effort au moins équivalent à celui qu’on exige des Palestiniens, pour remettre la vraie négociation sur les rails qu’elle a quittés depuis l’assassinat de Rabin.
Une hypothèse pessimiste qui apparaît dans la presse israélienne (Haaretz) c’est que la troisième Intifada devient inévitable soit que Hamas décide à un moment donné de mettre fin au cessez-le-feu soit que le Fath lui-même ne puisse plus faire autrement que de reprendre les hostilités contre les troupes d’occupation et les milices de colons, comme c’est son droit, tout en interdisant les attentats suicides visant des civils.
Dans cette hypothèse, le Président Abbas démocratiquement élu, aurait intérêt à réclamer une protection de l’ONU ou à retirer son gouvernement du territoire Cisjordanien occupé et à proclamer en exil l’indépendance de la Palestine pour organiser la résistance et la libération, comme de Gaulle à Londres en refusant de finir comme Arafat otage dans la Muqata ou comme Pétain à Vichy.
Au sommaire du Débat stratégique n°81 septembre 2005
Défense européenne et démocratie, Alain Joxe
L’illégalité internationale des frappes préemptives et préventives, Franck Kampa
Dosage de la carotte et du bâton dans le sud stratégique José Sabogal
Pourquoi la Suisse a-t-elle rejoint l’espace Schengen ? Fabien Jakob
La guerre en Irak bouleverse le tissu industriel américain de l’armement Jean-Paul Hébert
Notes de lecture
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