22 mars 2011
Selon l’auteur, sans ces éclaircissements, l’OTAN en tant que force militaire servira à masquer l’absence de buts politiques de guerre dans les expéditions qui accompagent la criminalisation du système transnational par la délinquance financière. Ce teste nous parvient avant l’insurrection Tunisienne, et également avant le mouvement social Portuguais de mars 2011.
Le néolibéralisme, depuis le début de son expansion, il y a presque trente ans, poursuit son avancée sournoise, continue et victorieuse en direction de la liquidation du modus vivendi européen, inauguré au lendemain de la catastrophe de la 2° guerre mondiale : Le plan Marshall assurait la base matérielle du rêve européen, menacé par la constestation et les mouvements sociaux qui exigeaient des trtansformatoiopns radicales dans l’économie, la politique et la culture, et réclamait l’adoption, comme fondement, de la social-démocratie et de l’Etat social et même, dans l’euphorie de la victoire sur le nazisme, de l’American Way of Life.
L’Atlantique, comme un liquide amniotique, berçait sans chocs le nouveau né : l’OTAN militaire équilibraient l’apport économique du plan Marshall, les deux contrats furent les instruments de la prise de pouvoir des Etats Unis sur l’Europe : subordination militaire plus dominance économique.
Rappelons ici que l’OTAN, en tant qu’alliance politico-militaire “pour la défense des démocraties”, a compté, parmi ses membres fondateurs, le Portugal : la plus ancienne des dictatures fascistes d’Europe ; et que celle-ci ne disparut qu’à la suite des luttes de libération nationale des peuples de l’empire colonial portuguais. Ce sont eux qui, par leurs succès, amenèrent la rupture entre les bases et le Haut Commandement de l’Armée Portuguaise, et provoquèrent le retour à la démocratie, grâce au coup d’état des Capitaines, du 25 avril 1974
L’Europe sous contrôle des Etats Unis, au fur et à mesure qu’elle capitulait à chaque avancée de l’OTAN, s’affaiblissait chaque fois plus, politiquement, jusqu’à ce point curieux et même ironique où nous sommes parvenus aujourd’hui : l’Union Européenne considère l’OTAN comme la principale garantie de son unité. Le multilatéralisme est devenu une forme astucieuse pour obliger les alliés à financer les aventures des Etats Unis, et le multilatéralisme s’appuie ainsi sur le commandement unilatéral des Américains : sur un puissant argument, sans appel.
Les guerres d’Afghanistan et d’Iraq n’ont apporté que morts et destructions. Indépendamment de toute considération éthique et politique, elles ont abouti exactement au contraire des objectifs annoncés.
En Irak, après que l’Etat ait été complètement détruit, les élections - comme on pouvait le prévoir - ont donné la victoire aux Chiites, c’est à dire à l’influence iranienne. C’est pourquoi on peut considérer comme une pensée un peu légère l’idée que le conflit entre l’Iran et Etats-Unis puisse aller très loin. Le contrôle du Moyen-Orient par Washington pourrait bien plutôt passer par des relations sans inhibition avec l’Iran en tant qu’état signataire respectueux du Traité de non prolifération nucléaire, et ceci bien plus aisément qu’avec Israël, qui viole toutes les résolutions de l’ONU et le contenu de cet accord.
Quant à l’Afghanistan, son contrôle avait été l’un des objectifs des Etats-Unis depuis l’invasion soviétique.. Mais le Nouveau Pearl Harbour -selon Rumsfeld- fut organisé de telle sorte que l’attaque sur le Pentagone eut lieu une heure après l’attentat des deux tours ! Quoi qu’il en soit, la guerre d’Afghanistan est une impasse. Comme toutes les guerres coloniales de nos jours, elle va se terminer par la défaite de l’envahisseur. L’Afghanistan est, comme on sait, le cimetière des envahisseurs : le grand romancier Portuguais Eça de Sueiroz (qu’on considère comme le Balzac ou le Dickens portuguais) l’avait lui-même bien prévu naguère : les Britanniques, qui l’envahissent au moment le plus dynamique de leur conquête impériale, dans le dernier quart du XIX siècle. durent finalement s’en retirer.
Les Talibans se sont transformés en une force de résistance populaire, avec appui populaire. Cela résulte aujourdhui de la brutalité des seigneurs de la guerre, base sociale de la “démocratie” de Karzai et des milices, récemment institutionalisées, qui ont leur propre programme de vol, d’extorsion et de violence.
La coalition remporta une victoire, tout au début, mais il est bien impossible de répéter ce succès une deuxième fois. En se débarassant du gouvernement en place, grâce au peuple qui détestait les Talibans, les Etats-Unis furent en position d’imposer et de disposer à leur gré de l’avenir, mais ils ont ensuite commis âneries sur âneries, général après général.
La guerre américaine à franchi les frontières et gagne un Pakistan, déjà en feu ; et ce n’est donc pas pour un tâche accessoire que les troupes de l’OTAN ont été “invitées “ à pénétrer ouvertement chez ce pays, nucléaire, pour y soutenir un pouvoir totament fragilisé : une armée et des sertvices secrets compromis avec les Talibans depuis l’époque de la lutte contre les Soviétiques. L’OTAN en tant que première force militaire du monde, reste un instrument de menace et de domination entre les mains des Etats Unis, dans cette nouvelle étape : celle de la globalisation économique et financière. Mais l’OTAN et ses armées régulières sont en train de se transformer, sans rencontrer d’opposition sérieuse, par une logique qui est celle de l’adéquation parfaite, en acceptant le statut d’une simple arrière-garde, servant à légitimer l’usage américain des armées privées, entreprises hautement lucratives dont les effectifs sur le terrain atteignent parfois un niveau supérieur à celui des forces régulières et qui sont dotées de moyens sophistiqués.
La guerre sans fin contre les peuples constitue la stratégie militaire de la globalisation fianancière. Mais la “guerre san ; fin” sous hégémonie des systèmes financiers, n’a qu’un seul objectif : la soumission des peuples et la prédation de ce qui constitue leurs richesses légitimes. C’est en cela qu’une telle guerre n’a pas de stratégie possible, ni rien qui puisse viser comme résultat une “conquête des cœurs et des esprits” d’un peuple. L’envahisseur ne les convaincra jamais et les peuples seront toujours finalement vainqueurs.
On assiste au requiem des stratèges : le monde globalisé, le capitalisme financiarisé, les nations qui se dissolvent dans un cosmopolitisme intégrateur ou qui se dipersent par l’ inévitable émigration de la misère ; la patrie, réduite à un symbolisme chaque fois plus réactionnaire, l’évidence que la guerre épuise sa Gloire dans la satisfaction des intérêts privés les plus étroits et les plus rapaces, tout cela tranforme la stratégie militaire en une caricature d’elle même. Quand la guerre prend la place de la politique c’est la politique que en vient à être la continuation de la guerre par d’autres moyens.
Le nouveau concept stratégique de l’OTAN, tel qu’il fut approuvé à Lisbonne le 20 novembre 2010 possède deux objectifs fondamentaux : 1. Se présenter, d’une manière élégante et subtile, comme une force de sécurité interne. 2. Rallier les opinions publiques en prétendant au rôle de paladin de la défense du milieu ambiant, et de garantie d’une défense contre le crime cybenétique (s’agit-il de Wikileaks ?) et contre le terrorisme. Bien entendu, le terrorisme est une tactique et non un ennemi, sinon les Etats Unis ne l’utiliseraient pas eux mêmes contre les Talibans. Autrement dit l’OTAN défendrait un capitalisme vert, un C02 parfumé, des bombes souriantes.
Les Etats démo-cratiques, sont comme éventrés et vidés des dernières ressources qui leur permettaient de produire encore l’illusion du pouvoir, face à la société et à la citoyenneté, par le secret ou la liberté de mensonge et par la corruption : ils vont se sentir plus faibles. Leur tendance au “totalitarisme démocratique” va s’accroître. La subversion par Wikileaks de l’apparence d’honorabilité des états, du secret d’Etat, est la conquête la plus importante de la civilisation moderne, menacée par le crime et l’impunité. Les seigneurs de la guerre craignent avant tout une citoyenneté active, et sa capa-cité d’action, de mobilisation et donc craignent l’information libre et la liberté d’expression. L’interdiction de ces libertés a pourtant déja conduit au désastre la seconde plus grande puissance de l’histoire (L’URSS).
Aujourd’hui comme jamais, le courage civique, l’audace intellectuelle, l’honnêteté et le déchaînement du politique est devenu nécessaire, pour entamer une lutte qui, aujourdhui en dernière instance, peut être définie comme la lutte de la liberté contre l’aliénation, de l’exigence de vérité contre le règne du mensonge, et de l’exigence de réalité contre l’idéologie et le dogme.
La réalité ce sont les faits et leurs conséquences factuelles. Il y en a qui disent avec un certain sens de la provocation, que contre les faits il n’y a que des arguments de fait, de facto
Mario TOMÉ
NOTES
1* Coronel de Cavalaria (na Reforma). Il fut l’un des officiers à l’origine du renversement du salazarisme dans la “révolution des œillets” en 1974.
2* Inspirée par Mussolini, la dictature fasciste - ou plutôt catholico-corporatiste - de Salazar commence en 1932. Il a soutenu Franco pendant la guerre civile et a sû rester” neutre” pendant la 2ème guerre mondiale, cédant les Açores aux USA et présevant une alliance britannique, mais mettant le pays en berne à la mort d’Hitler ; il perd le pouvoir, suite à un accident cérébral en 1970 mais le Salazarisme (l’Estado novo) disparait seulement avec la” révolution des Œillets”.
TEXTE PORTUGAIS
O neoliberalismo desde há quase trinta anos que avançou na liquidação sournoise, persistente e vitoriosa do modus vivendi europeu inaugurado depois da recuperação da catástrofe da IIGM : o Plano Marshall assegurara a base material para « o sonho europeu », ameaçado pela contestação e pelas movimentações sociais que exigiam transformações radicais na economia, na política e na cultura, adoptar como pilares a social-democracia e o Estado social e, paulatinamente, na euforia da vitória sobre o nazismo, a ... american way of life !
O Atlântico como líquido amniótico do nascituro : a OTAN, contrapeso do pesado apoio económico. A OTAN e o Plano Marshall foram os instrumentos do apoderamento da Europa pelos EUA : a sujeição militar e o domínio económico.
A OTAN como aliança político-militar para defesa das democracias ocidentais que a integraram, conta entre os seus membros fundadores com Portugal, a mais antiga ditadura fascista na Europa que só desapareceu em consequência da luta de libertação dos povos do império colonial português cujo sucesso levou à ruptura das bases do exército com a hierarquia e ao golpe militar dos capitães no 25 de Abril.
A Europa sob controlo, à medida que capitulava a cada investida dos EUA ou da sua dama de ferro, a OTAN vulnerabilizou-se politicamente até ao curioso e irónico ponto a que chegámos hoje : a União Europeia tem na OTAN o seu único seguro de unidade.
O multilateralismo, uma forma criativa de pôr os aliados a pagar as aventuras dos EUA é garantido pelo comando unilateral da OTAN, o poderoso argumento sem contestação.
As guerras do Afeganistão e do Iraque resultaram apenas em morte e destruição. Independentemente de qualquer valoração política e ética redundaram exactamente no contrário dos objectivos anunciados.
No Iraque, depois de tudo destruído, as eleições, como já se previa, deram a vitória aos xiitas, ou seja ao Irão ! Por isso é precipitado pensar que o contencioso dos EUA com o Irão possa ir muito longe. O controlo do Médio Oriente passa mais por relações desinibidas com o Irão, subscritor e cumpridor do TNPAN, do que por Israel violador de todas as resoluções da ONU e daquele mesmo tratado.
O Afeganistão era o objectivo dos EUA desde a invasão dos soviéticos. O novo Pearl Harbour, segundo Rumsfel, foi encomendado e o Pentágono, o lugar mais sofisticadamente defendido no Cosmos foi atingido uma hora depois das Twinn Towers, em 9/11 !
A guerra no Afeganistão é um beco sem saída. Como todas as guerras coloniais vai terminar pela derrota do invasor (e o Afeganistão é o cemitério dos invasores e ninguém melhor que Eça de Queiroz se apercebu disso em pleno esplendor do império britânico no último quartel do século XIX).
Os Talibãs vão-se tornando numa força de resistência com apoio popular. Para isso contribui a brutalidade dos invasores, a barbárie dos senhores da guerra, base social da democracia de Karsai, e as recentemente institucionalizadas milícias. Elas têm o seu próprio programa de roubo, tráfico, extorsão e violência.
A OTAN conseguiu uma vitória irrepetívell : pôr o povo que odeia os talibãs a desejar o seu governo.
Os EUA põem e dispõem fazendo asneira atrás de asneira, general atrás de general.
A guerra já transbordou para um Paquistão em fogo e não é de pôr de lado que as tropas da OTAN venham a ser « convidadas » a penetrar às claras naquela potência nuclear para sustentar um poder totalmente fragilizado, exército e serviços secretos comprometidos com os talibãs desde a luta contra os soviéticos.
A OTAN permanece como a maior força militar do mundo, como ferramenta de ameaça e domínio dos EUA nesta nova etapa : a da globalização económica e financeira.
Mas a OTAN e os exércitos regulares vão-se tornando sem oposição séria, numa lógica perfeita de adequação, apenas na rectaguarda legitimadora dos altamente lucrativos exércitos privados com tropas no terreno por vezes em número superior e meios poderosos e sofisticados.
A guerra infinita contra os povos é a estratégia da globalização financeira. A guerra infinita tem apenas um objectivo : a subjugação dos povos e o apoderamento das suas legítimas riquezas. Nela não há estratégia possível, nem a da « conquista dos corações e das mentes » : o invasor nunca os convence e eles vencerão sempre.
Requiem pelos estrategas : o mundo globalizado, o capitalismo financeirizado, as nações dissolvendo-se no cosmopolitismo integrador ou espalhando-se e dispersando-se pela migração imparável, a pátria reduzida a um simbolismo cada vez mais reaccionário, a evidência de que a guerra esgota a sua glória na satisfação dos interesses privados mais estreitos e rapaces, tornou a estratégia militar numa caricatura de si mesma. Quando a guerra substitui a política e a política passa a ser a continuação da guerra por outros meios.
O novo conceito estratégica da OTAN aprovado em Lisboa em 20 de Novembro de 2010, tem dois objectivos fundamentais : anunciar-se elegante e subtilmente como força de segurança interna ; e ganhar as opiniões públicas apresentando-se como paladina da defesa do ambiente, garantia de defesa contra o crime cibernético (Wikileaks ?), contra o terrorismo (o terrorismo é uma táctica não é um inimigo, ou os EUA não o utilizariam).
Capitalismo verde, CO2 perfumado, smiling bombs, etc.
Os estados democráticos, esventrados e esvaziados da fonte que lhes conferia a ilusão de poder face à sociedade e à cidadania, o segredo e o arbítrio da mentira e da corrupção, sentir-se-ão mais débeis.A sua tendência para o « totalitarismo democrático » crescerá.A subversão pela Wikileaks do cerne da honorabilidade dos estados, o « segredo de estado », é a maior conquista da civilização moderna ameaçada pela mentira, a corrupção, o crime, a impunidade.
Os senhores da guerra apenas temem a cidadania activa e a sua capacidade de acção e mobilização e, portanto, a informação livre e a liberdade de expressão cuja defesa já levou ao derrube da segunda maior potência da história.
Nunca como agora se tornou tão necessária a coragem cidadã, a ousadia intelectual, a honestidade e o desplante políticos para travar a luta que, em última instância, se pode classificar como da liberdade contra a alienação, da exigência de verdade contra o reino da mentira, da realidade contra a ideologia e o dogma.
A realidade são os factos, as suas causas e as suas consequências. Que são factos.
Houve quem dissesse, com inteligente sentido de provocação, que contra os factos só há argumentos. De facto.
MARIO TOMÉ