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Edito : Les climats d’exception (B. C.)

Par B. C., 23 février 2010

Les tout premiers jours de l’année 2010 ont vu l’instauration, l’inauguration d’un « état d’urgence environnemental ». Naturellement, dirions-nous, (ou les Colombiens) pour prétendre maîtriser l’imprévisible. Depuis, d’autres phénomènes naturels dévastateurs sont venus dicter leurs lois. L’exception environnementale mobilise, elle déplace les peurs, en suscite d’autres. Une confusion à la mesure de l’échelle de Richter. Aux classes dangereuses viennent s’ajouter des latitudes dangereuses. Et la catastrophe a la redoutable vertu de faire croire que tout n’est qu’accidentel. Comme les ’variations saisonnières ’ qu’affectionnent les statisticiens. La situation des Etats en faillite, un effet du hasard ? Une victime sans bourreau ? 
Le sommet de Copenhague n’est pas assez éloigné dans le temps pour être éclipsé ou noyé dans les sirènes de la déception. En décembre 2009, 192 Etats ont prévu de limiter la casse en désignant quelques casseurs, bien identifiés, qui plaident non coupables. Au même titre qu’El Nino, Gulf Stream ou Katrina. Les tractations ont été surréalistes. entre ceux dont le niveau de vie « n’est pas négociable » et ceux pour qui le niveau de survie frise le stade où le sol se dérobe (là aussi) et l’air vient à manquer. Tandis que les plus inconscients jouent les prolongations, du style "après nous, quel déluge ?" - Copenhague et Haïti nous renvoient aux bornes physiques d’une planète de plus en plus fragilisée et aux débordements ou déraillements de nos modes de pensée. Le tsunami financier n’a pas englouti l’addiction des traders, ni provoqué une cure d’amaigrissement des budgets militaires. Ni une apologie de la décroissance dans l’interventionnisme militaro-humanitaire. L’urgence climatique avec la barrière des 350 ppm - sans « révélation accidentelle » ajouterait Paul Virilio - n’a pas marginalisé les priorités géopolitiques. Ainsi, les opérations militaires que mène le Pentagone, premier consommateur de pétrole du monde, sont exemptées de toute obligation de mesure ou de réduction. Avec ou sans Protocole de Kyoto, naturellement.

 


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