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La descendance de Caïn (Jonas Cali)

Par Jonas Cali, 30 novembre 2009

Caïn, cultivateur, jaloux tua son frère Abel, berger, qui avait offert à Dieu un agneau, ce qui avait plu à Dieu, alors que Caïn n’offrait que des grains, ce qui avait déplu ; maudit par Yahvé, il fut aussi protégé par Dieu qui ne voulut pas que sa vie fut mise en danger par sa malédiction : celle ci pouvait faire croire à la légitimité d’un assassinat de Caïn et engendrer des meurtres sans fin ; dieu décida : "si quelqu’un tue Caïn on le vengera sept fois" et le marqua au front d’un signe qui empêchait qu’on le tue. Dieu sauve ainsi la révolution néolithique.

Caïn s’enfuit donc à l’Est d’Eden où il devint « constructeur de villes » et détourna au profit de sa descendance ce jugement divin, en augmentant le droit à une vengeance disproportionnée à chaque génération. Son descendant, Lamek, le premier des forgerons en cuivre et en fer, affirmait que : "pour une blessure il tuait un homme, pour une meurtrissure, un enfant" et que "si Caïn était vengé sept fois, Lamek l’était 77 fois" (Genèse, 4,7,23-24). Cette croissance de la disproportion de la représaille écœura Yahvé qui décida de liquider toute l’humanité et toute la création des être vivants et de recommencer tout à zéro, mais cependant à partir de Noé, fils de Lamek, donc de la descendance de Caïn , sauvant ainsi la révolution chalcolithique et le début de l’âge de fer.

Israël revendique donc, par ses excès, une protection archaïque de l’agriculture contre les bergers nomades, fils d’Abel, qui symbolisent le « vide » de la Palestine avant le sionisme des Kibboutz, dans la légende israélienne) puis une protection de la métallurgie par Yahvé protection par un droit de massacre trop disproportionné, (l’éthique de l’Irgoun et du Likoud) et qui fut interrompu par le déluge, Israël se rapproche donc du moment ou Dieu (en l’occurrence les Etats Unis d’Amérique) va cesser d’accorder sa protection aux fils de Caïn pour des raisons d’un intérêt supérieur. Par ce commentaire je souhaite contribuer à la recherche de l’origine des doctrines d’emploi des forces qui autorisent la riposte disproportionnée. Il faut admettre qu’elles remontent assez haut dans la hiérarchie des responsabilités mythiques et parfois même jusqu’à Dieu ou du moins jusqu’à la reproduction des hommes par la descendance d’Adam. La justification la plus archaïque du meurtre vengeur est une représentation nécessaire à l’équilibre psychologique d’Israël tel qu’il est devenu, un état colonial gérant par le massacre son droit à l’existence. . Mais il y a d’autres représentations de la guerre et de la paix, même dans la Genèse. Le sionisme a atteint les limites du supportable depuis quelques temps déjà mais l’affaire de Gaza est la goutte qui va faire déborder le vase.


 


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