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France dans le Golfe, « mère des arts et des armes » ou premier satellite en titre

Par L’équipe du Débat Stratégique, 7 juin 2009

En choisissant Abou Dhabi comme base de sa présence navale aérienne et terrestre dans le golfe, le gouvernement complète le dispositif par l’inauguration de l’antenne du musée du Louvre aux Emirats Arabes Unis. Quels sont les objectifs de cette projection de présence ? Après avoir renforcé sa participation dans la guerre d’Afghanistan sans avoir encore confirmé sa participation à la guerre du Pakistan, la France parait pris d’une sorte de délire orientaliste et pose un doigt sur l’émirat d’Abou Dhabi lieu miraculeux d’ou jaillissent les pétrodollars tous azimuts.

L’intérêt manifesté pour tenir son rang de premier satellite des Etats Unis en prenant en quelque sorte la place des britanniques qui se retirent, ne peut pas automatiquement passer pour une action stratégique destinée à renforcer la sécurité du peuple français. 500 hommes ; Une base navale de 8 ha ne pouvant pas recevoir de porte-avions, une piste aérienne extérieure à la base ; une base terrestre comportant un centre d’entraînement aux combats urbains futurs (c’est à dire aux guerres de répressions) ouvert aux armées de la région et des installations technique de renseignement et communication.

Les observateurs arabes admettent que la présence française peut être utile au Golfe, en raison de l’affaiblissement prochain des Etats Unis marqué par leur départ d’Iraq mais que si la France veut rester populaire il ne faut pas qu’elle devienne trop clairement un chien de garde des Etats Unis ni partisan d’une prolongation de certaines définitions Bushiste de l’Empire.

Or, avec une cohérence et une continuité certaine, le gouvernement a progressivement démantelé les bases de ce qui représentait naguère la personnalité stratégique de la France dans le moyen Orient ; la critique éventuelle des exactions d’Israël , la connivence avec un certain nationalisme laïc arabe, la différence sur bien des points de la représentation française du monde et de la représentation unilatéraliste américaine de l’Empire global.

Le retournement le plus visible, la réintégration des commandements intégrés de l’OTAN a eu lieu avant le triomphe électoral d’OBAMA. Depuis lors, l’engagement « pro-américain » et « pro-OTAN » de la France paraît se faire au profit de l’aile la plus à droite de la coalition politique qui soutient la présidence d’OBAMA, en cherchant à la re-centrer. La France n’est pas un point d’appui actif de ce qui peut paraître positif dans l’orientation macro-stratégique d’OBAMA, renversant la stratégie de Bush : la pression mise sur un retour d’Israël dans le schéma de la feuille de route, l’idée d’une négociation avec l’Iran : la froideur manifestée à l’égard de l’arme nucléaire israélienne et de l’excitation belliqueuse que Netanyahou cherche à réchauffer contre l’Iran. Sa poussée AFPAK devrait être compensée dans le sens du processus de paix pour la Palestine.

Mais on va devoir s’habituer faute d’un nouveau retournement, à constater que l’Union européenne et la France elle même sont des fortins solides de la dérégulation néolibérale et de son maintien dans le temps de la crise, avec toutes les conséquences qui entraînent les pays émergents vers des troubles sociaux graves et les poussent globalement à se préparer à des opérations de maintien de l’ordre.


 


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