CIRPES - Centre Interdisciplinaire de Recherches sur la Paix et d'Etudes Stratégiques
---------------------------
<naviguer>
---------------------------

---------------------------
<dans la même rubrique>
---------------------------

Sommaire du n°114

Libye : euro-protectotat ou révolution démocratique ?

Le débat stratégique n° 111-112 : Nouvelle formule

Lettre du CIRPES aux lecteurs du débat stratégique

La Crise impériale et la menace de guerre mondiale. Pour une stratégie autonome de défense de l’Europe

Le Cercle de craie Caucasien

Une action de formation en zone à risque ?

L’unification du syndrome d’insécurité

Livre blanc et opérations en cours

La tension monte et il y a menace de guerre avec l’Iran

Diplomatie à double face

La divergence euroaméricaine devient un conflit stratégique

Libre marché de la diplomatie au Moyen Orient : approche de la grande guerre ou espoir de paix ?

Fin de la « guerre juste », possibilité de « paix juste » ?

Trois guerres punitives châtiant des électorats communautarisés

Pour quels résultats ?

Le rôle du justicier

Un livre blanc nucléaire

L’impasse de « l’occupation expéditionnaire »

Autonomie par le poids et leadership par la menace

Affrontement stratégique autour du gaz

Au sommaire du Débat stratégique N° 82 Novembre 2005

Palestine : L’impasse stratégique

Retour vers l’échelle interétatique

Vers le marché de la sécurité


Bienvenue > Editos > Menace principale pour la sécurité européenne : le néolibéralisme guerrier

Menace principale pour la sécurité européenne : le néolibéralisme guerrier

30 juin 2008

L’Europe de l’euro fort et de la petite croissance obstinée traverse peut être au petit bonheur la crise des subprimes mais curieusement cela ne parait pas lui donner un coup de fouet stratégique. L’Union européenne est toujours aussi muette, pour ainsi dire hébétée, devant la situation chaotique que le désordre américain suscite partout et militairement dans l’ensemble du Moyen Orient, en Palestine, au Liban, en Iraq en Afghanistan au Pakistan et jusqu’en Géorgie sans compter la menace sur l’Iran, serpent de mer confié à Israël.

Une partie indéfinie de l’Europe est toujours favorable au traitement des conflits par des négociations pour restaurer la paix. Elle est indéfinie car l’Europe n’a pas de porte-parole institutionnel qui lui permettrait ou exigerait d’elle qu’elle se définisse, en tant que telle, dans l’espace diplomatique ou militaire.

Il serait donc temps de se mêttre au niveau américain, decréer un Conseil de Sécurité Européen, chargé de voter des résolutions, y compris des sanctions, à des majorités qualifiées, et un Comité d’Etat Major Européen, doté de compétences techniques et chargé de préparer des options stratégiques et des scénarios opérationnels.

L’euro-silence serait au moins équivalent à une position concertée d’abstention au lieu d’être un zéro complice des Etats Unis. L’Union est en effet devenue suiviste à l’égard de tous les Mauvais diables et diablotins dénoncés dans le listing américain du Mal : l’ Iran, le Hezbollah libanais, le Hamas palestinien, les Chiites iraquiens, les Sunnites iraquiens les Taliban. Mais on ne peut croire que ce soit pour toujours.

Pour l’empire des Baptistes américains de droite, le seul rapport possible avec le Mauvais c’est la conversion : ramener au Bien certains suppôts du mal. On créé des catégories de bons baathistes, de mauvais chiites et de bons chiites ; de bon sunnites (en dehors des Kurdes) : certaines tribus bédouines ou citadines sunnites arabes, qu’on recrute dans les polices et les milices alliées se rallient moyennant finance.

On a voulu trouver de bons Palestiniens, de bons Libanais. On les a trouvés, on les a lancé contre les mauvais. Les Européens appuient ce jeu. Ils se doutent pourtant que ces ralliements « à l’occident » et « à la démocratie » ne sont pas sincères. Qu’ils ne peuvent annuler la résistance à l’occupation et le recrutement des terrorismes de protestation.

Que faire ? attiser encore la guerre sans fin ? Cette apologie de la conversion sous torture qui tient lieu d’approche politique aux conflits politiques et sociaux du monde débouche sur des massacres féroces.

Si le leadership américain ne se réforme pas du tout au tout et rapidement, comme il perd aussi le pouvoir de domination économique, il faudra bien que l’Europe impotente et silencieuse ressaisisse les rennes non du pouvoir mais de la médiation globale, en s’appuyant sur les autres centres de pouvoirs qui ne sont pas encore totalement contaminés par l’ivresse apocalyptique du néolibéralisme de guerre électronique ou de la spéculation « titrisée » sur des créances douteuses.

C’est de cette menace du néolibéralisme pesant sur la sécurité mondiale que devrait traiter un livre blanc européen sur la défense.

DS


Au sommaire du débat stratégique N° 98 Juillet 2008

Alain Joxe : Cohérence du Livre Blanc sur la Sécurité Nationale

Alain Joxe : L’impact des politiques de sécurité globales sur la politique de défense nationale peut détruire le politique comme activité démocratique rationnelle.

Franck Kampa : La pertinence du critère d’intensité des combats

Renaud Bellais : Relancer l’Europe de l’armement par la coopération

Jean-Paul Hébert : L’incertaine logique économique du livre blanc

Notes de Lecture


 


Imprimer cet article

Cet article au format PDF

  [Haut de page]