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Notes de Lecture


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Menace principale pour la sécurité européenne : le néolibéralisme guerrier

30 juin 2008

L’Europe de l’euro fort et de la petite croissance obstinée traverse peut être au petit bonheur la crise des subprimes mais curieusement cela ne parait pas lui donner un coup de fouet stratégique. L’Union européenne est toujours aussi muette, pour ainsi dire hébétée, devant la situation chaotique que le désordre américain suscite partout et militairement dans l’ensemble du Moyen Orient, en Palestine, au Liban, en Iraq en Afghanistan au Pakistan et jusqu’en Géorgie sans compter la menace sur l’Iran, serpent de mer confié à Israël.

Une partie indéfinie de l’Europe est toujours favorable au traitement des conflits par des négociations pour restaurer la paix. Elle est indéfinie car l’Europe n’a pas de porte-parole institutionnel qui lui permettrait ou exigerait d’elle qu’elle se définisse, en tant que telle, dans l’espace diplomatique ou militaire.

Il serait donc temps de se mêttre au niveau américain, decréer un Conseil de Sécurité Européen, chargé de voter des résolutions, y compris des sanctions, à des majorités qualifiées, et un Comité d’Etat Major Européen, doté de compétences techniques et chargé de préparer des options stratégiques et des scénarios opérationnels.

L’euro-silence serait au moins équivalent à une position concertée d’abstention au lieu d’être un zéro complice des Etats Unis. L’Union est en effet devenue suiviste à l’égard de tous les Mauvais diables et diablotins dénoncés dans le listing américain du Mal : l’ Iran, le Hezbollah libanais, le Hamas palestinien, les Chiites iraquiens, les Sunnites iraquiens les Taliban. Mais on ne peut croire que ce soit pour toujours.

Pour l’empire des Baptistes américains de droite, le seul rapport possible avec le Mauvais c’est la conversion : ramener au Bien certains suppôts du mal. On créé des catégories de bons baathistes, de mauvais chiites et de bons chiites ; de bon sunnites (en dehors des Kurdes) : certaines tribus bédouines ou citadines sunnites arabes, qu’on recrute dans les polices et les milices alliées se rallient moyennant finance.

On a voulu trouver de bons Palestiniens, de bons Libanais. On les a trouvés, on les a lancé contre les mauvais. Les Européens appuient ce jeu. Ils se doutent pourtant que ces ralliements « à l’occident » et « à la démocratie » ne sont pas sincères. Qu’ils ne peuvent annuler la résistance à l’occupation et le recrutement des terrorismes de protestation.

Que faire ? attiser encore la guerre sans fin ? Cette apologie de la conversion sous torture qui tient lieu d’approche politique aux conflits politiques et sociaux du monde débouche sur des massacres féroces.

Si le leadership américain ne se réforme pas du tout au tout et rapidement, comme il perd aussi le pouvoir de domination économique, il faudra bien que l’Europe impotente et silencieuse ressaisisse les rennes non du pouvoir mais de la médiation globale, en s’appuyant sur les autres centres de pouvoirs qui ne sont pas encore totalement contaminés par l’ivresse apocalyptique du néolibéralisme de guerre électronique ou de la spéculation « titrisée » sur des créances douteuses.

C’est de cette menace du néolibéralisme pesant sur la sécurité mondiale que devrait traiter un livre blanc européen sur la défense.

DS


 


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