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Diplomatie à double face

7 août 2007

Dans la gestion américaine de la défense antimissile, il y a une double face : les démonstrations visibles, faites pour l’opinion, principalement l’opinion intérieure des Etats-Unis et les décisions concrètes, moins mises en scène mais réelles.

Les démonstrations visibles c’est le « sommet du homard » selon l’expression dont la presse a affublé la rencontre Bush - Poutine de juillet 2007. Le président américain invite son homologue russe dans la propriété de ses vieux parents. En bras de chemise, on se tutoie et on part à la pèche, en se donnant du Vladimir long comme le bras. Et puis il y a la réalité.

Les Etats-Unis veulent à tout prix installer leurs moyens complémentaires de défense anti-missiles en Europe de l’Est, missiles en Pologne et radar en Tchéquie. Ce radar serait relié aux radars d’alerte avancée déjà installés en Europe (Thulé au Groenland, Fylingdales en Grande-Bretagne, Vardo en Norvège). L’efficacité opérationnelle réelle d’un tel système est très discutable : ne serait-ce qu’à cause de la taille : 54 engins en tout. On sait de plus que les tests réalisés jusqu’à présent sont loin de valider les systèmes existants. L’objectif est donc plus politique que véritablement technique. Installer des moyens supplémentaires engluant un peu plus l’Europe dans le système militaire américain, « tourner » par l’est les pays qui ont récemment pris des distances avec les choix politiques d’outre-atlantique, voilà quels sont les bénéfices principaux que George Bush peut espérer tirer de la défense antimissile. Sans compter le coin supplémentaire enfoncé entre les principaux pays de l’Union.

Au nom de la rationalité, Vladimir Poutine propose d’utiliser la base radar de Gabala en Azerbaïdjan et celle qui est en construction à Armavir dans le Caucase et d’ouvrir à Bruxelles et Moscou des centres conjoints d’information sur les tirs de missile.

Le président américain trouve l’idée constructive, mais n’en démord pas « il faut des installations en Pologne et en Tchéquie », preuve que l’objectif réel c’est bien l’extension américaine en Europe et non pas la protection contre les arrogants missiles iraniens ...

DS


 


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