---------------------------
<naviguer>
---------------------------
---------------------------
<dans la même rubrique>
---------------------------
Menace principale pour la sécurité européenne : le néolibéralisme guerrier
Une action de formation en zone à risque ?
L’unification du syndrome d’insécurité
Livre blanc et opérations en cours
La tension monte et il y a menace de guerre avec l’Iran
Diplomatie à double face
Libre marché de la diplomatie au Moyen Orient : approche de la grande guerre ou espoir de paix ?
Fin de la « guerre juste », possibilité de « paix juste » ?
Trois guerres punitives châtiant des électorats communautarisés
Pour quels résultats ?
Le rôle du justicier
Un livre blanc nucléaire
L’impasse de « l’occupation expéditionnaire »
Autonomie par le poids et leadership par la menace
Affrontement stratégique autour du gaz
Au sommaire du Débat stratégique N° 82 Novembre 2005
Palestine : L’impasse stratégique
Retour vers l’échelle interétatique
Vers le marché de la sécurité
|
Bienvenue >
Editos >
La divergence euroaméricaine devient un conflit stratégique
La divergence euroaméricaine devient un conflit stratégique
24 juin 2007
Malgré toutes les précautions électorales, des indices durables d’une distance croissante entre les conceptions Américaines de l’ordre mondial et les conceptions Européennes, se font jour depuis longtemps. Le malaise est manifeste au contact entre les deux moles de l’ « occident » dans cet espace nommé « Grand Moyen Orient » par Washington qui constitue en fait, le grand voisinage de l’Europe, une zone où la politique expéditionnaire américaine cherche à détruire les abords de la souveraineté sécuritaire de l’Union Européenne. Il est temps pour l’Union Européenne d’assumer cette divergence et de défendre explicitement un point de vue différent de celui que les Etats Unis ont fini par représenter depuis la prise de pouvoir de l’extrême droite américaine.
On peut suivre pas à pas l’accélération de cette sécession par des prises de positions et des analyses politiques, mais aussi par des pratiques qui montrent que les Européens prennent garde à n’être pas entraînés par des compromissions organisationnelles dans des représentations aberrantes de la sécurité.
Représentations divergentes
Dès 2002 on pouvait penser que la militarisation impériale l’emportait désormais sur la rationalité économique libérale et que l’application permanente de la force dans des guerres externes asymétriques, directement ou grâce au libre marché de la violence, publique ou privée, s’érigeait, à partir de la présidence de Bush fils en instance principale de régulation du processus de globalisation , Ceci conduisait à la mort de l’ONU et au non-droit du plus faible à toutes les échelles, une culture stratégique qu’il fallait combattre frontalement comme s’il s’agissait d’un « fascisme global ».
Le livre de Robert KAGAN, paru en 2003 en français sous le titre la puissance et la faiblesse, évoque cette divergence comme un contraste croissant entre la toute puissance (triomphale) des Etats Unis et la faiblesse (décadente) des Européens, présentés comme des pacifistes n’ayant plus le savoir de l’usage de la force. Ce point de vue de « soldat fanfaron » est depuis lors dévalorisé par l’échec de la surpuissance techno-militaire et les crimes de guerre mis en œuvre en Iraq et ailleurs par la droite américaine. Mais la description que donnait Kagan de la différence des deux civilisations stratégique était assez exacte. Il manquait seulement une clé politique à sa définition purement « comportementale ».
L’Europe préfère en effet la non-guerre par politique. Elle a financé la guerre du golfe et accepté la guerre d’Afghanistan comme chasse à Binladen mais le cas de la guerre d’Iraq actuelle est plus grave ; les décisions stratégiques, politiques et économiques prises par les Etats-Unis peuvent paraître absurdes, ou en tout cas contraires aux intérêts de sécurité de l’Union. Elle rejette l’idée d’une guerre générale de trente ans au Moyen Orient contre le terrorisme, banalisée comme un slogan-programme tout à fait normal par une présidence messianique illuminée. « L’isolationnisme interventionniste providentialiste américain », décrit par Jacques Sapir en 2003 est bien, quatre ans plus tard un facteur confirmé de chaos pour l’ensemble de l’Eurasie.
L’opinion centriste prend plus récemment à son compte une description critique des visions américaines. En octobre 2006, Bruno Tertrais, dans une plaquette publiée par la Fondation Robert Schuman, temple de l’Europe démocrate chrétienne, fait le bilan du divorce, en montrant que la thèse banale des valeurs communes est fondamentalement inexacte, en matière de religion, de violence, d’attente vis-à-vis de l’Etat, de pratiques internationales. Les raisons en sont : la « différence entre conceptions des droits de l’Homme », la « différence d’expérience de la guerre sur son propre territoire », la « différence de l’expérience coloniale ». Bref tout nous sépare ou presque. Ce que Pierre Rosanvallon a résumé comme suit « l’universalisme dogmatique américain s’oppose à l’universalisme expérimental européen » ; comme la guerre s’oppose à la diplomatie ! Pour une version dure de la globalisation économique, la violence, la précarité, l’inégalité, jouent partout un rôle fondateur ; le gouvernement américain va jusqu’à préconiser l’extension de la démocratie par la guerre ; et impose l’idée d’une destruction des terroristes et des états voyous, sans traitement des causes
La suite
Sommaire du Débat stratégique 91 Mai 2007
La divergence euroaméricaine devient un conflit stratégique
Alain JOXE
Dissuasion nucléaire et antimissiles.
Compte-rendu analytique du document CARA-AAIHEDN
Alain JOXE.
Armées de Prince ou Armée de la Nation
Thierry ALLEMAND
Les alliances du 21ème siècle
Jean DUFOURCQ
La pensée stratégique au risque du quantitatif
Jean-Paul HEBERT
Bases militaires en Afrique
Ben CRAMER
Note de lecture
Michel ROGALSKI
|
Imprimer cet article
Cet article au format PDF
|