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Libre marché de la diplomatie au Moyen Orient : approche de la grande guerre ou espoir de paix ?

Par Alain Joxe, 21 avril 2007

L’émergence d’une diplomatie saoudienne parait, à certains détails, autonome. Le pacte de la Mecque met fin au début de guerre civile Hamas-Fath et reconnaît la légitimité du gouvernement d’unité nationale chargé de négocier la paix, sous régime d’occupation, sans qu’on puisse exiger de ce gouvernement autre chose que la reconnaissance des acquits des négociations antérieures : ni la reconnaissance formelle et solennelle d’Israël ; ni la renonciation à la lutte armée contre un occupant, un droit.

Cette médiation du roi wahabite n’est pas d’inspiration purement américaine, même si elle reçoit sans doute des appuis du côté des inspirateurs du groupe de travail Baker-Hamilton. Dans le bouleversement créé par les élections législatives récentes la diplomatie américaine est elle même divisée en succursales, La diplomatie Saoudienne repose donc : 1°) sur les droits et devoirs du gardien des lieux saints de l’Islam, garantissant que le pélerinage de la Kaaba soit ouvert aux sunnites comme aux chiites . 2°) sur l’idée qu’une certaine forme d’agression, américaine en Iraq et israélienne au Liban et en Palestine, sont créatrices de guerres civiles, sont donc devenue insupportables aux peuples, et donc dangereuses pour les monarchies.

Les raisons d’une diplomatie Jordanienne sont plus locales. Le royaume hachémite, lieu d’accueil ancien des réfugiés palestiniens (qui représentent la moitié de sa population) sert d’asile à des flots de réfugiés Iraquiens. Le roi est obligé de tirer la sonnette d’alarme face à l’inconsistance de la politique Américaine. Il réclame en priorité la paix israélo-palestinienne symbole de toutes les injustices, avec une énergie britannique.

Ces deux mouvements royaux accompagnent le décollage de l’Union Européenne vers des postures et des actes indépendants de la défense aveugle des stratégies suicidaires d’Israël. La France rouvre les relations avec le gouvernement Palestinien. En fait, devant l’embargo qui détruit la vie des Palestiniens certaines limites dans la tolérance à l’intolérable sont atteintes, pour l’Europe encore à la traîne.

Dans ce contexte surgissent des signes d’ouverture dans le court terme, mais aussi réapparaît au premier plan le projet à long terme de « fin de l’apartheid et du sionisme par la constitution d’un état unique pour les deux peuples » seule manière de « rétablir les droits de l’homme et des citoyens ». En attendant une mutation israélienne, un tel projet parfaitement défendable, peut aussi diluer la revendication du retour à la ligne verte et du repli de toutes les colonies du territoire palestinien, lié évidemment à la restitution des terres volées sous régime d’occupation et aux modalités du droit au retour. La « vision » d’un Israël « s’inspirant de l’Afrique du Sud » est à manier avec précautions.

En attendant, le gouvernement Olmert est affaibli par des critiques militaires sur la campagne du Liban ; cette crise se retournerait normalement contre Tsahal si l’opinion israélienne était capable de creuser d’avantage la chronique de tous les blocages. Mais on a la remontée de Nétanyahou. La solution non sioniste et antiapartheid est encore loin. La crise révèle l’incapacité d’Israël d’affronter la réalité : l’échec de l’impasse cruelle ou l’enfermement, avec les Palestiniens, le Mur et le maintien des colonies et des routes militaires ; la culture fascistoïde que créée la militarisation policière et religieuse de l’occupation coloniale, continue à s’accentuer, et l’aveuglement durera tant que dure la foi dans l’appui total et pérenne des USA.

Il est vrai cet appui n’est plus tout à fait le même Ce moment fugitif d’incertitude, c’est peut être aussi le dernier où la négociation peut reprendre le dessus. Ensuite, tous les éléments pour une explosion plus générale dans le Proche orient sont déjà réunis.


 


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