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Notes de lecture


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Israël en Palestine et au Liban et guerre d’Iraq : l’unilatéralisme imperial et les guerres asymétriques :

Alain Joxe

Par Alain Joxe, 15 octobre 2006

Les guerres asymétriques nouvelles se transforment elles mêmes sous nos yeux avec l’expérience d’un succès relatif du plus faible. C’est un paradoxe qui est décrit à l’avance par une certaine littérature militaire américaine faisant la critique de l’impasse iraquienne, considérée comme erreur stratégique, équivalente à l’impasse des années 60 au Vietnam [1]. Mais la doctrine américaine demeure celle de l’écrasement de l’ennemi sans négociation et de la destruction des souverainetés étatiques. Du moins tant que l’Europe ne se rebiffe pas ? L’enjeu de la « sortie de crise » au Liban est d’importance globale car c’est peut-être un premier coup d’arrêt à l’unilatéralisme extrémiste des Etats-Unis qui cependant continue à se manifester pleinement en Iraq.

A. ISRAEL PALESTINE ET LIBAN

L’extrêmisme politique israélien

On ne parle presque plus de « l’extrémisme du Hamas, car ce serait ridicule dans le contexte, vu l’extrêmisme de Tsahal au Liban. Mais la guerre du Liban c’est aussi cet écran posé sur le sort des Palestiniens, au bord de la famine sans plus faire la « une » ; le siège, levé au Liban, se poursuit contre les populations civiles de Cisjordanie et de Gaza qui sont punies collectivement pour avoir voté majoritairement pour le Hamas, pauvre et désarmé. L’opération libanaise lui ressemblait avec des différences puisqu’Israël y a puni les populations chiites pour avoir voté majoritairement pour un Hezbollah, plus riche et armé.

Les deux guerres, sous leur masque « défensif », cherchèrent à brouiller dans l’opinion la perception des deux actions militaires unilatérales de Tsahal : elles visent une population civile entière, en punissant son vote : deux crimes de guerre (selon Amnesty International) et deux violences antidémocratiques. La gauche américaine proteste avec véhémence mais l’impunité devient habitude avec le silence de l’Europe.

Deux extrêmismes ?

On est tenté au minimum, pour « équilibrer son jugement » de faire de la guerre d’Israël contre le Liban le fruit de deux extrémismes, celui du Hezbollah, qui n’a jamais cessé ses escarmouches, et se risque à faire prisonnier deux soldats israéliens celui d’un gouvernement Israélien, qui en décidant une guerre, se laisse entraîner à détruire par bombardement toute l’infrastructure économique du Liban, et subit par ailleurs un échec face au Hezbollah qui révèle une décadence du renseignement et une perte de savoir faire sur le plan tactique et stratégique.

Ces deux erreurs extrémistes rendent obscur le lien (clausewitzien) entre l’objectif de l’action de guerre (Ziel) et son but politique (Zweck). Un diagnostic doit comparer les pertes du contrôle politique dans les deux camps : On peut dire que le gouvernement libanais perdait le contrôle politico-militaire de son territoire en renonçant aux « fermes de Chabaa » revendiquées par la Syrie, tout en déléguant au Hezbollah armé la garde de la frontière sud ; et que le Hezbollah a fait une erreur politique en ne prévoyant pas la démesure de la réaction destructrice d’Israël, qui est une image de la démesure américaine. Mais il faut noter aussi que le gouvernement Olmert perdait, de son côté, le contrôle politique de son armée, en acceptant d’entrer en guerre sur une stratégie et un scénario ridiculement brutal et irréaliste car sous-informé et fondé sur une définition américaine stéréotypée de la dominance, longuement en échec en Iraq.

Montée aux extrêmes ou unilatéralisme dominant ?

On décèle que la dialectique des deux extrémismes n’est pas réellement corrélée. Il ne s’agit pas de la « montée aux extrêmes » clausewitzienne qui est un effet réciproque direct, mais l’ouverture de la guerre procède, des deux côtés, au moment de décider l’engagement, d’une forme d’unilatéralisme doctrinaire venu d’ailleurs, et qui déforme la perception du réel des identités stratégiques locales.

On sait que, dans le monde de l’empire unifié néolibéral, sous le contrôle d’un activiste militaire comme M. Rumsfeld, l’unilatéralisme dominant est américain : La source de l’aventurisme unilatéral d’Israël est aux Etats-Unis. Les violations multiples des traités et conventions internationales, la pensée stratégique autistique, le mépris des peuples, l’amour du douhettisme électronique la dénonciation de toute négociation comme « lâcheté munichoise : Tous ces stéréotypes sont communs à Israël et aux Etats-unis.

L’Unilatéralisme entraîne « l’outrecuidance » du plus fort, et produit des effets négatifs à chaque moment de cette guerre : La décadence préalable du renseignement ; le déclenchement de type douhettiste, corrigé par le mythe de l’avion-char sans prévoir l’antitank moderne. Le conflit s’est terminé par un cessez le feu d’urgence mais l’ONU elle même accepte un temps d’être soumise aux chantages du corps expéditionnaire israélien : Israël évacue le sud mais maintient le blocus aéronaval puis naval du Liban détruit, comme s’il était mandaté par l’ONU. En droit un blocus est un acte de guerre. Israël oblige Kofi Annan à lui demander poliment d’arrêter cette violation du cessez le feu.

La seule explication c’est qu’Israël est toujours entièrement soutenu par les Etats-Unis. Bref il pourrait être urgent, pour l’Union Européenne, restée multilatéraliste et politique dans sa stratégie, de cesser de faire une analyse purement provinciale des enjeux et des identités stratégiques de ce conflit, et de chercher pour sa sécurité à maîtriser à l’échelle pertinente, ces guerres où s’affrontent pour le contrôle du Moyen orient, deux visions du monde, l’unilatéralisme et le multilatéralisme .

Liban : Guerre asymétrique expérimentale

En tant que puissance militaire globale, l’Amérique possède dans la phase actuelle un intérêt précis à favoriser des guerres expérimentales indirectes : des guerres asymétriques et des guerres urbaines, destinées à forcer unilatéralement le comportement de populations entières, à les conditionner à accepter une reddition sans conditions, ou à lancer les communautés les unes contre les autres. Gérer ces guerres nouvelles est considéré ouvertement par les stratèges de l’équipe américaine actuelle, comme le fin du fin de la pensée militaire dominatrice. Ils ne s’en cachent nullement, mais au contraire en exposent clairement les principes et déploient, dans une littérature militaire accessible à tous, des débats intelligents, sur les meilleures méthodes pour gagner. dans ce type de guerre, où vaincre n’exige pas la reddition d’un état battu mais la soumission d’une société décomposée. [2]

Il s’agit d’une réincarnation de la guerre coloniale, sans conquête territoriale, l’objectif étant le contrôle des ressources primaires plus que celui des populations. L’écrasement des Palestiniens, depuis le temps, devenait une opération peu instructive, vu la faiblesse militaire absolue d’une population entièrement encerclée et désarmée ; il était souhaitable de chercher un nouveau terrain de jeu un peu plus ardu, et entrainant un succès un peu plus vendable qu’en Iraq.

C’est à cette invasion du Liban que Tsahal a été poussée. Israël a non seulement été autorisé, mais incité à lancer une opération au nord dès que l’acte du Hezbollah (soldats israéliens faits prisonniers en territoire israélien) fut décrété intolérable et choisi pour le déclenchement de l’opération majeure. La fourniture d’engins spéciaux et d’armes de la nouvelle génération a été accélérée d’urgence en provenance des Etats Unis, Les accords pour fournitures d’armes d’urgence étaient prêts depuis longtemps, et les plans de cette opération également, même s’ils étaient mal conçus. L’objectif de nettoyage de la population entière était logique, si l’on admet que l’écrasement du Hezbollah était le but recherché. Cela s’appelle, dans les vieilles recettes coloniales, « vider l’eau du poisson ». En mêlant la croyance « moderniste », dans l’efficacité des raid aériens sur le moral des civils, et conservant l’illusion qu’une invasion par colonne de tanks peut aboutit à une occupation militaire complète, Tsahal a été auto-intoxiquée par son expérience facile de l’occupation en Palestine désarmée et n’a pas tenu compte des débats militaires américains critiquant la guerre d’Iraq.

Une « victoire » du Hezbollah ?

La victoire militaire défensive du Hezbollah est tactique et stratégique. Ses petits groupes combattants sont restés agiles, enterrés ou mobiles, organisés, interconnectés, et leur puissance de feu n’a jamais faibli à la stupéfaction des Israéliens dont les blindages n’étaient plus aux normes, face aux roquettes antichar modernes et à quelques drones. La victoire politique se mesure au fait que, dès le cessez le feu, les population chassées reviennent immédiatement : 500.000 personnes regagnent leur habitat dans une zone détruite et encore partiellement occupée et parsemées de bombes à fragmentation, munitions interdites destinées à tuer longtemps des civils. Comment pourrait-t-on faire le tri entre les « chiites apolitiques », les « chiites votant Amal » et les « chiites votant Hezbollah » ? L’ensemble de l’opération israélienne procédait évidemment d’un programme illusoire, profondément méprisant pour la capacité de résistance politique et sociale d’une population majoritairement pauvre qui n’a nulle intention de connaître le sort interminable des réfugiés Palestiniens des camps : « plutôt mourir ».

D’où la vigueur des combats et la rapidité du retour, dès le cessez le feu.

A terme, cependant la seule chose qui peut sauver ces populations d’un régime de terreur israélien récurrent et d’une nouvelle expédition, promise imprudemment par Olmert devant la Knesseth dès le mardi 14 août, c’est la présence d’une force d’interposition,. Elle devra non seulement être « robuste » mais avoir pour mission d’empêcher une nouvelle offensive Israélienne, autant et plus que d’empêcher une nouvelle provocation du Hezbollah, devenue peu probable, après la destruction du Liban.

Pourra-t-on contrôler Israël ?

C’est bien cela la préoccupation du reste du monde : Contraindre Israël à renoncer, pour une fois, à l’audace vengeresse et inefficace qu’il ne peut s’empêcher de revendiquer, sous garantie américaine, comme un droit d’autodéfense et qui ruine toute tentative de solution au Moyen Orient.

La résolution 1701 était restée floue, pour permettre le vote des Etats Unis en faveur d’un cessez-le-feu rapide. Mais la préoccupation principale du gouvernement français, négociant les « conditions d’engagement » était nécessairement de s’assurer que la définition de sa mission permettait de paralyser toute offensive israélienne ultérieure. C’est aussi évidemment celle du gouvernement libanais, refusant le blocus sur ses frontières, et du gouvernement syrien, et du gouvernement italien et même du gouvernement britannique, subissant des critiques intérieures très dures pour sa soumission servile à l’égard des aberrations impériales. Et c’est sans doute la préoccupation principale du gouvernement iranien.

La paix par un règlement global serait-elle finalement à portée de la main ? Il ne faut pas être trop optimiste ni, en tout cas, négliger les questions graves que posent le leadership américain dans cette région du globe . Pourquoi favoriser des guerres dans le Grand Moyen-Orient, ce qui contribue à augmenter l’opposition mondiale à leur leadership global et à renforcer le terrorisme de désespoir ? L’expérience Iraquienne désastreuse de la guerre urbaine, (lancée sur deux mensonges avérées par un rapport du Sénat), ne leur suffit-elle pas ? Ont ils vraiment l’intention de menacer l’Iran d’une guerre totale, au nom d’une lutte contre le chiisme, alors que leurs seuls alliés en Iraq sont actuellement la majorité démographique chiite ? L’équipe Bush a-t-elle perdu la tête ? La question mérite sans doute d’être posée.

B. GUERRE D’IRAQ UN SUCCES ?

Mais il faut aussi construire l’hypothèse contraire, à savoir que le gouvernement Bush n’a pas du tout perdu la tête et mène une stratégie cohérente et puissante d’écrasement de toutes les sociétés du Moyen Orient par des opérations dissymétriques essentiellement destructives de l’Etat, Les démolitions principales sont confiées en sous-traitance à des communautés ou à des états locaux alliés, asservis ou craintifs. Le président Bush persiste et signe un auto-satisfecit dans les cérémonies de l’American Legion, le 31 août. Il n’est pas forcément proche de sa chute.

La CIA avait naguère été considérée comme faisant campagne contre la réélection de Bush pour avoir commis des rapports négatifs . On s’avise aujourd’hui qu’au début de la guerre d’Iraq on admettait publiquement que la solution la meilleure, pour le maintien de l’emprise indirecte des Etats Unis, pouvait être la division de l’Iraq en trois morceaux : un Kurdistan, un Chiistan un Sunnistan. « Malheureusement », ces trois « communautés » étaient mêlées au niveau des sociétés urbaines. (comme naguère en ex-Yougoslavie) la « balkanisation communautaire » de l’Iraq exigeait donc une purification ethnique intra-urbaine, et donc un bon paquet de massacres et de personnes déplacées.

On peut dire aujourd’hui qu’un « succès » pratique de l’option « triple-guerre-civile, sécessions, apartheid » est masqué par l’échec de la politique affichée : « occupation-reconstruction-de-l’Etat démocratique, départ ».

Le succès des Etats-Unis c’est l’auto-destruction de l’Etat qu’ils coordonnent dans le cadre de la Constitution nouvelle, une violente tripartition communautaire alimentant, sans frais une guerre civile générale et une médiation « externalisée » des Etats Unis. L’envoi, en août, de renforts terrestres annoncent non pas un effort supplémentaire d’occupation mais la phase de repli des troupes d’occupation hors de la « zone verte » du bunker de Bagdad, sur des positions préparées à l’avance, dans les bases off-town du désert, et qui n’opéreront plus, ensuite, que par expéditions punitives, destinées à protéger la zone pétrolière Kurde.

Freinage du modèle bushiste de destruction des Etats ?

On peut dès lors aussi revisiter la guerre Israël-Palestine, et la guerre Israël-Liban et admettre l’hypothèse, que le gouvernement Bushiste poursuit avec continuité une entreprise de destruction totale de la souveraineté des Etats moyen-orientaux : la destruction de l’Etat dans la Palestine du Mandat est bien avancée, (y compris le délabrement de la souveraineté d’Israël) ; la destruction du Liban n’est qu’un succès mitigé. On espérait mieux dans un pays où l’état tombe normalement aisément en morceaux confessionnels.

L’effet fut inverse et le processus méritait donc d’être interrompu avec l’accord ambigu de l’Europe. Cette critique politique peut passer pour un compliment stratégique car elle rétablit une cohérence à long terme dans ce qui parait d’abord un simple chaos et un échec global. Le débat cependant est ouvert chez les militaires américains eux mêmes. Dans les « guerres de IV° génération », on ne parvient pas à déboucher dans la « phase IV » de la victoire, celle où selon Clausewitz, l’adversaire perd non seulement les moyens de se battre mais la volonté de se battre. Selon un auteur « les perfectionnements technologiques qui ont accru la capacité de détruire les moyens de combattre » ne servent plus alors ; la victoire dans ce sens, n’est plus de la compétence des forces armées seules mais exige une coordination entre toutes les agences de l’exécutif impliquant le maintien de l’Etat, de la culture, et une vision acceptable du futur dans le pays battu.

Ce débat est-il début d’un retournement ? la grande stratégie bushiste ou rumsfeldienne serait-t-elle inacceptable, en Iraq, pour les Démocrates ?

Rien n’est moins certain. Dans une tribune publiée par le New York Times, en mai 2006, une version soft du projet de tripartition était préconisée par le sénateur Joseph Biden, principal élu démocrate de la commission des Affaires étrangère. Il estime que, constatant que les efforts entrepris par l’administration Bush pour doter l’Irak d’un gouvernement centralisé et fort sont un échec et une mission impossible, l’Irak devrait être divisé en trois régions - Kurde, Sunnite et Chiite - bénéficiant d’une large autonomie. « Il est de plus en plus manifeste, dit-il, que le président Bush ne dispose d’aucune stratégie pour la victoire en Irak. En fait, il espère éviter la défaite et transmettre le problème à son successeur ».

Cette division « huntingtonienne » de l’Irak s’inspirerait de l’exemple de la Bosnie : selon J. Biden, il aurait l’aval des sunnites irakiens, principale force de l’insurrection. Au gouvernement central reviendraient le contrôle des frontières, les affaires étrangères et la gestion des revenus du pétrole. Bagdad serait déclarée "zone fédérale" et placée sous la protection d’une force de police internationale "Certains diront que cette évolution vers un régionalisme fort déclencherait des opérations de nettoyage confessionnel. Mais c’est exactement ce qui se passe déjà, à une échelle accrue", se justifie-t-il. Les Etats-Unis retireraient leur contingent d’ici 2008, à l’exception d’une petite force de combat contre le terrorisme.

Vers une reprise de la guerre ou une défaite de l’unilatéralisme

En promettant d’avance aux Etats-Unis une prochaine guerre du Liban triomphante, M. Olmert s’excuse d’avoir commis une erreur stratégique et opérationnelle, en somme d’avoir mal calculé le coup. Ses propres « va-t-en guerre » militaires ont peut être été influencés par les va-t-en guerre américains. Mais les Etats Unis sont très critiques de sa gestion et ils ont noté l’échec, en votant la résolution française qui permettait d’arrêter le cafouillage pire qu’aurait été une occupation israélienne prolongée du Liban sud jusqu’au Litani,. Sans « victoire de phase IV » elle aurait consolidé l’union nationale intercommunautaire Libanaise au lieu de la détruire. Le freinage d’Israël par l’Amérique de Bush est bien destiné à sauvegarder son rôle régional unilatéraliste pour l’avenir.

Mais du côté européen, toutefois, ce qui domine, c’est l’espoir d’un retour au règlement négocié global au Moyen-Orient. C’est à dire une défaite de l’unilatéralisme L’Union Européenne devrait bien faire le point à cette occasion, et se dégager, pour solde de tous comptes, des filets du système unilatéraliste qui mène des peuples entiers à la mort, y compris le peuple israélien, interdit, sauf un changement profond, de se dégager de la dynamique unilatéraliste globale des Etats-Unis. Cette stratégie fait d’Israël un pion communautaire guerrier, sacrifié à terme sur l’échiquier de l’Empire.

Alain JOXE

Cf.Douglas Jehl « Report Says White House Ignored CIA on Iraq Chaos » The New York Time, Thursday 13 October 2005. Cet article cite un rapport de juillet 2004 fait par d’anciens fonctionnaires du renseignement selon qui Bush n’a pas prêté la moindre attention aux rapports de la CIA qui avertissait que des obstacles culturels et politiques s’opposeraient à toute stabilité dans l’après guerre.

Cf. Joseph McCALLION, op.cit. Dans une tribune publiée par le New York Times, le 2 mai 2006,


[1] Jeffrey RECORD, « Why the strong lose », Parameters, winter 2005-06, p. 16-30

[2] Cf. Joseph McCALLION, Jr., Achieving Total War Goals with a Limited War Force : Convincing the Enemy to Accept Defeat, U.S. Army Command and General Staff College, School of Advanced Military Studies, 26 mai 2005 ; Antulio J. ECHEVARRIA II, Fourth-generation war and other myths, Strategic Studies Institute, November 2005

 


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