CIRPES - Centre Interdisciplinaire de Recherches sur la Paix et d'Etudes Stratégiques
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Bienvenue > Editos > Autonomie par le poids et leadership par la menace

Autonomie par le poids et leadership par la menace

23 mars 2006

Les forums sociaux mondiaux sont-ils un mouvement pour le succès global de l’alter-mondialité, ou leur subdivision cette année en forums régionaux (Bamako, Caracas, Karachi) sont-ils le signe qu’on ne peut créer des rapports de forces globaux qu’en regroupant les problèmes dans des circonscriptions plus grandes que les Etats-Nation et constituant des blocs géographiques sous continentaux ?

Y a t il une masse critique au dessus de laquelle une autonomie stratégique est admissible par l’Empire ?

Posée de la sorte, la réponse impériale officielle est « non », comme le montre le Rapport de la QDR de février 2006 : le seul pouvoir national autonome admis à exister, ce sont les Etats-Unis.

Toutes les autres identités, communautaires, nationales ou régionales, économiques ou sécuritaires, alliées, partenaires ou rivales, sont interdites d’autonomie. Toute tentative sera punie par une action violente ou remodelée sous menace, par des interventions ouvertes ou clandestines.

Mais malgré cette prospective mégalomane, ce but n’est pas à la portée immédiate de l’Empire qui ne parvient pas à maintenir une division fine au sein du « reste du monde ». La division suscite son contraire, chez les peuples qui cherchent l’autonomie par constitution de confédérations. La Chine, l’Inde, la Russie, ont cette échelle sous-continentale et démographique. Mercosur, l’Union Européenne, ASEAN ; préfigurent des modules d’une échelle suffisante pour résister ou canaliser le phénomène de la globalisation violente.

L’Amérique latine comme le montre le forum de Caracas, est saisie par une série de processus d’autonomisation au Venezuela en Equateur, en Bolivie, en Argentine, au Chili, en Uruguay et au Brésil, en récupérant Cuba ; mais ce n’est pas tant la gauche que l’anti-extrême droite qui arrive au pouvoir, avec une volonté d’autonomie, un mouvement unifié par le vouloir vivre ensemble et par la capacité de penser un développement régional comme une inégalité maîtrisée avec paix sociale, comme il pouvait en exister naguère dans un même pays. Seuls la Colombie et le Paraguay s’abandonnent au rôle de base américaine paramilitaire.

Pour compenser une perte de leadership global la menace d’une attaque, directe ou israélienne, contre l’Iran, accusé d’ambition nucléaire militaire, serait sans doute la cause d’une relance vigoureuse du « terrorisme islamiste » et donc du leadership américain dans la « guerre de trente ans ».

Si l’Iran était attaqué ce serait pour être trop petit et trop islamiste pour prétendre au rang de l’Inde ; s’il est finalement épargné ce sera parce que il appartient au voisinage du territoire de l’Union Européenne de la Russie et de la Chine. ces trois blocs auront fait comprendre par leur poids qu’on ne peut s’aventurer à y déclencher la guerre totale.

De même l’Amérique latine dépourvue de tout islamisme, ne pourrait pas désormais accepter une attaque contre la Bolivie ou le Venezuela ou Cuba.

Le débat stratégique


Editorial : Autonomie par le poids et leadership par la menace

La relance du processus de Barcelone comme facteur de paix et de sécurité en Méditerranée ? Franck KAMPA Le paradigme dominant et la politique économique américaine après le 11-9 : quel hiatus ? Eric LAHILLE La politique européenne de défense et de sécurité. Fabien JAKOB

* La politique américaine de pression par les livraisons d’armements. Jean-Paul HEBERT

Notes de lecture

Fin de la guerre ou fin des guerres justes ? Alain JOXE

Sous presse : Cahier d’études stratégiques 40-41 « la globalisation stratégique », Alain JOXE


 


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